Comité de quartier de La Genette
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La Genette se raconte

Pavillon Fleuriau

La Genette n'a pas toujours été un quartier bourgeois comme on l'entend très souvent aujourd'hui...
Le Cours Matignon qui deviendra le Mail, les Bains Marie-Thérèse aujourd'hui disparus, la Villa Alsace, les Parcs d’Orbigny et Charruyer, les avenues Guiton et Leclerc … autant de bâtiments et de lieux qui ont jalonné l’histoire de La Genette.

Historiquement, le quartier de La Genette à l´ouest des remparts de la ville est rattaché à la paroisse de Saint-Maurice. Les assauts successifs que la ville eut à subir au 16 et 17ème siècle, dévastent profondément cette zone qui sert de terrain pour les manœuvres des assiégeants. Basé à environ 1 km des remparts, le Fort Louis est le point de départ du Grand Siège. Ce n´est qu´ensuite qu´il est détruit. En 1700, le projet Ferry de relever le fort et de le relier au système des remparts de la ville n'a pas eu de suite.

1550-1650 : la Genette commence à exister

Auparavant, rien d’autre n’existe si l’on fait exception d’une zone marécageuse et quelques traces d’urbanisation au nord du secteur d’après une carte de 1572.
La longue promenade qui longe le rivage au sud est, dès le 16e siècle, utilisée comme lieu pour des manifestations populaires et des fêtes hors les murs de La Rochelle.
On sort de la ville par la poterne des Deux Moulins - deux moulins à marée donnés au Templiers par Aliénor d'Aquitaine, en 1139, élevés à proximité. Le seul point de sortie qui existe de ce côté-ci. (la porte actuelle date du début du 18e siècle).
A l´ouest, le sol monte jusqu´à Saint-Maurice, et plus précisément jusqu´à la ferme de Port-Neuf qui culmine à une vingtaine de mètres. Dans toute cette zone, on rencontre quelques domaines au milieu des champs, dont les noms se sont conservés jusqu´à nos jours : la Genette, l´Epine, Port-Neuf, la Ferté.

1700-1850 : le début de la construction

En 1705, la promenade est plantée de quatre rangées d’ormeaux et devient le cours Matignon (plus tard Le Mail), un lieu de promenade de plus en plus fréquenté. Et c’est ainsi que vont être implantés ici les établissements de bain qui annoncent la naissance du quartier.
D’après le cadastre de 1810, les terrains de La Genette sont en fait d’énormes surfaces rurales. le Mail au sud est ponctué de quelques constructions et au centre se trouvent quelques fermes isolées : L’Épine, La Genette, La Ferté, et la ferme de Port Neuf sur des hauteurs.
Si le premier établissement de bains, (les bains Marie-Thérèse à l’emplacement de l’actuel Casino) ouvre ses portes en 1827, c’est plutôt dans la deuxième moitié du 19e siècle que le quartier s’urbanise. Le deuxième établissement (les bains Jaguenaud puis renommés Richelieu) ouvre en 1850. Un établissement pour les familles plus modestes (les bains Louise) ouvre en 1867.
Les deux premières villas de La Genette datent de 1850 et 1870. La première a disparu mais la seconde, la Villa Alsace, est toujours là et aujourd’hui classée à l’Inventaire des Monuments Historiques.
C’est donc un peu avant la percée Ouest de 1886 vers La Pallice et son nouveau port en eaux profondes, que le quartier de La Genette commence à se constituer à partir de quelques parcelles loties.
A partir des rues Jeanne d’Albret et de la Briquetterie qui ne forment alors qu’un seul et même chemin, et du chemin vicinal existant qui devient la rue Jean Godefroy, on trace les rues de la Pépinière, Émile Racaud et Georges Émonin (à l’époque rue de Béarn).
Les premières constructions du quartier seront les belles demeures d’habitants fortunés (principalement des Rochelais, selon l’abbé Yves Blomme). Elles témoignent de l’éclectisme architectural de la fin du 19e siècle et continuent à marquer fortement l’identité du quartier. Par exemple, la villa Alsace, la villa Fort Louis (dans le parc Franck Delmas), ou encore le Chalet du Mail avec sa tourelle d’où la vue surplombant l'Océan, est magique.

1850-1900 : les grandes voies et aménagement des espaces verts

1886 marque le premier grand bouleversement quand le Génie Militaire finit par donner son accord pour le percement des remparts. Avec le projet du Port de La Pallice, c’est tout l’ouest qui change de visage. Avant 1886, on ne pouvait accéder à la route de Laleu à l’ouest que par un détour par la Porte Neuve : un ouvrage aménagé en 1689 dans le front ouest des remparts. La porte des Deux-Moulins au sud ne laisse passer que les piétons. La prolongation de l’avenue Guiton et la percée de l’avenue du Général Leclerc jusqu’au niveau de la place de Verdun créent des liaisons plus directes. Peu après, l’avenue Coligny sera percée perpendiculairement reliant le Mail à ces deux grandes voies ainsi donnant au quartier l’axe principal de son urbanisation.
Dans le même temps, la ville profite de la destruction d'une partie des remparts et procède à l’aménagement de plusieurs espaces verts publics.
En 1887, les terrains longeant la muraille à l’ouest sont légués à la ville, qui y aménage le Parc Charruyer. A l’entrée du parc, (côté nord) se dresse les chalets d’octroi de style rococo et malheureusement détruits en 1970.
Le parc d'Orbigny (ancien Champ du Mail ou des Régates) est acquis par la municipalité entre 1897 et 1901.
L'aménagement de ce complément de la promenade du Mail sur le front de mer est étroitement lié à la présence du Casino et des établissements de bains. Il participe de fait à la vie balnéaire du secteur. On agrémente le parc d’un kiosque à musique et de divers pavillons dont il nous reste aujourd’hui le pavillon Fleuriau.
En dehors de ces parcs, reprenant le modèle des larges avenues de Paris, les avenues Guiton, Carnot (devenue Leclerc) et Coligny sont bordées d’arbres. Ce n’est que dans les années 1960 que le parc Franck-Delmas où on peut admirer la Villa Fort Louis (maison des écritures), située à l'extrémité ouest des allées du Mail, devient un jardin public.

1900-1960 : l’ère moderne

A la fin du 19e siècle, on entreprend la construction d’une église pour le quartier qui vient de se constituer. Le secteur ne correspond pas à une paroisse. Il était rattaché à l’église Saint-Jean dans le faubourg du Pérot (église fermée en 1878) pour sa partie Est et à l’église de Saint-Maurice puis à sa chapelle pour sa partie Ouest, chapelle érigée en 1877 et se révélant bien trop petite pour accueillir la population du nouveau quartier.
L’église Sacré Cœur de La Genette est inaugurée en 1900 près de la ferme de l’Épine.
Entre 1901 et jusqu’à l’arrêt de son exploitation en 1927, un autre élément va contribuer à l’animation et au développement du quartier : le tramway. Celui-ci emprunte l’Avenue Jean Guiton pour relier La Pallice à Tasdon, et un embranchement secondaire -monté sur un ballast- emprunte l’avenue de Coligny pour desservir le Casino.
Entre ses limites, l’église à l’ouest, et le parc Charruyer à l’est, le quartier devient une vraie entité et continue de se développer pendant toute la première moitié du 20e siècle avec d’autres habitations plus ou moins importantes, mais aussi beaucoup d’hôtels, de cafés et de petits commerces pour le bonheur des riverains et des vacanciers.
En 1907, l’ancien établissement des bains Marie-Thérèse dans lequel avait été implanté le casino municipal, et un nouvel édifice est construit (salle de spectacles), est démoli. L’Occupation Allemande l'a fortement dégradé et il est détruit en 1947. Il laisse place à un espace vert qui correspond aujourd’hui au jardin du Casino.

1960-aujourd’hui : développement vertical

Au début du 20e siècle, le quartier compte 1600 habitants, dans une ville qui en dénombre 33000.
Les années après-guerre amènent un deuxième bouleversement dans le quartier : les premiers grands projets immobiliers voient le jour rue de Suède, de Norvège, de Danemark, Paul Garreau …
Alors, petit à petit, certains des petits commerces disparaissent surtout le long de l’avenue Coligny et plus tard sur l’avenue Guiton.
Aujourd’hui de nouveaux projets immobiliers, dans le cadre du développement urbain de la ville, vont encore une fois transformer le visage et changer les habitudes du quartier.

Sources :

Le site : www.inventaire.poitou-charentes.fr
Cartes postales/Photos : les Archives Municipales
La Genette 1900-2000, l’abbé Yves Blomme
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