La rue de Rougemont

Michel-Nicolas Balisson, baron de Rougemont, est né à La Rochelle le 7 février 1781 et mort le 16 juillet 1840.
Un Rochelais au centre de la vie parisienne
L’homme de théâtre …
De Rougemont, l’auteur dramatique, a plus de 200 pièces à son crédit, pièces écrites seul ou à plusieurs mains : vaudevilles, drames, esquisses historiques, comédies …
De 1801 à 1840 une ou plusieurs de ses pièces sont jouées chaque année au
Théâtre du Vaudeville, au Théâtre des Variétés,
au Théâtre de la Gaîté,
au théâtre de La Porte St. Martin,
au théâtre du Palais Royal, entre autres.

Nous en trouvons toute la programmation de ses représentations sur Internet. Parmi ses pièces les plus connues sont : Les Amants valets, l’Amour à l’anglaise, la Belle Bourbonnaise, Chantons et facéties.
Le journaliste et l’écrivain – féroce observateur de son temps

Le Petit Dictionnaire Libéral, publié en 1823, (de Rougemont avait tout juste une trentaine années), nous offre ses définitions des mots pleines d’humour, de dérision, d’amertume, de justesse – des vignettes vibrantes de la vie politique de son époque – une image sans fard d’une période couvrant le Directoire, le Consulat, le 1er Empire et la Restauration sous Louis XVIII.
De Rougemont écrit “le temps et les révolutions apportent de grands changements dans la langue des peuples modernes et leur
impriment des variations sans nombre”.
En voici quelques “perles” :
Anarchie : Paradis des Jacobins, carnaval des doctrinaires, enfer des honnêtes gens
Adhésion : Signature de confiance qui n’engage à rien.
Boue : Lieu d’où nous avons vu sortir beaucoup de spéculateurs en habits brodés.
Braillard : Adjectif qu’on emploie pour peindre un homme qui parle souvent, beaucoup, et presque toujours mal à propos. (Voyez les interruptions des séances de la Chambre des députés.)
Censure dramatique : Mesure vexatoire qui entrave la pensée et tue le génie.
Chaine : Signe d’esclavage. Les libéraux ont une aversion extrême pour toutes les chaînes… qui ne sont pas dorées.
Croyance : Affaire de goût.
Discours politique : Machine incendiaire propre à remuer les passions, à soulever les citoyens, à les conduire à la révolte.
Hérédité : Usage en vertu duquel un fils hérite des biens de son père. On ne sait pas pourquoi on a autorisé l’introduction de cet usage dans les familles royales.
Journaliste : Homme qui pense pour ses abonnés.
Ecrivain quotidien qui avec un on dit bouleverse l’Europe, fait la guerre ou la paix, dénature les faits et invente des événements ; à l’aide d’une petite précaution oratoire calomnie avec politesse les hommes les plus recommandables, outrage avec esprit les dogmes les plus sacrés, quitte à se rétracter le lendemain et à recommencer ensuite.
Ministère : Petite surface de terrain
Non : Syllabe que les libéraux ont oublié de prononcer sous le régime impérial.
Révolutionnaire : Cannibale d’Europe.
Roi : C’est par erreur que ce mot a été compris dans le Dictionnaire libéral ; il n’est point d’usage dans cette langue
Royalistes : Hommes que leur dévouement pour le Roi rend extrêmement dangereux, et qu’on devrait éloigner avec soin de tous les emplois importants.
Sans-culottes : Ceux qui prenaient les culottes des autres.
Serment : Substantif masculin qui signifiait autrefois promesse sacrée, engagement solennel. Ce mot désigne maintenant le mouvement machinal du bras droit.
Vieillesse : Objet de mépris pour les gens qui ne conçoivent pas que ceux qui portent de la poudre à soixante ans ont porté le mousquet à dix-huit.
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gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6119518x.texteImage
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